Un vin à la méthode d’élaboration spécifique
La Champagne n’est pas un vignoble comme les autres. Son vin, célèbre dans le monde entier, n’est pas une simple vinification de raisins, mais le fruit d’un processus complexe : la méthode champenoise (ou méthode traditionnelle), incluant la seconde fermentation en bouteille. Or, cette méthode impose une règle stricte : les raisins doivent arriver entiers au pressoir.
- Le pressurage fractionné (la « cuvée » puis la « taille ») exige des jus très purs et séparés.
- Un raisin éclaté prématurément commence à fermenter, ce qui nuirait à la finesse des futures bulles.
Or, la machine à vendanger, efficace mais brutale, détache les baies par vibrations, les écrasant parfois partiellement. Résultat : des grappes abîmées, des moûts déjà oxydés, incontrôlables.
Un cahier des charges précis et incontournable
Si la vendange manuelle est encore d’actualité, c’est aussi parce que le cahier des charges de l’Appellation d’Origine Contrôlée Champagne l’exige noir sur blanc depuis 1938 (Comité Champagne). Prohiber la machine, c’est préserver l’exigence qualitative propre au roi des vins effervescents :
- Raisin récolté en grappes entières pour garantir la qualité du pressurage
- Pas d’éraflage, pas de toucher abrasif, pour protéger l’intégrité des baies
- Transport rapide au pressoir pour limiter toute oxydation
On retrouve la même obligation dans le cahier des charges du Crémant de Champagne, aujourd’hui peu produit, mais sur les autres « crémants » français, la machine est fréquemment utilisée.