Le choix de la date de vendange
L’un des actes les plus symboliques, c’est la décision de vendanger. Un vigneron indépendant ajustera parfois la date avec finesse, suivant l’évolution de chaque micro-parcelle, goûtant les baies, observant la peau du raisin, s’autorisant à attendre — ou à anticiper — d’une demi-journée selon la météo. Chez certains, on vendange même à la lueur d’une ampoule frontale pour que l’heure soit exacte.
À l’inverse, une grande maison doit planifier une armée de vendangeurs (parfois 800 à 1000 personnes mobilisées : source "FranceAgriMer"), répartis dans plus de cent communes. La logistique, la coordination avec les fournisseurs, la disponibilité des pressoirs entrent en ligne de compte. La date de vendange peut ainsi être fixée en fonction des besoins de volume et du cahier des charges, parfois en avançant ou retardant certaines récoltes par pragmatisme plus que par choix œnologique.
Le tri : geste familial ou process industriel
Chez nombre de vignerons, le tri s’effectue parfois à la vigne, en famille, à la main. Chaque grappe jugée imparfaite est mise de côté, quitte à perdre un peu de volume. L’émotion de la récolte — et la peur de perdre une belle cuvée — guide les gestes.
Chez les grandes maisons, surtout lors d’années difficiles (comme 2017, marquée par la pourriture), des équipes entières sont dédiées au tri, parfois sur tapis roulant, parfois via des protocoles stricts, documentés et contrôlés à chaque étape. Les critères sont uniformisés, car la maison ne peut se permettre une hétérogénéité dans son approvisionnement.