L’attente juste : le choix du moment du pressurage
Avant même que les baies ne caressent la grappe du pressoir, la première décision cruciale porte sur le choix du jour et de l’heure. En Champagne, les vendanges sont encadrées par un calendrier précis, défini chaque année par l'interprofession en fonction de la maturité observée (Comité Champagne). Mais une marge de manœuvre existe : le vigneron surveille l’acidité totale et le taux de sucre, souvent à l’aide de réfractomètres au vignoble. L’idéal ? Entre 9,5 et 11,5 % vol. de potentiel alcool, et une acidité suffisamment vive, garantes de la finesse.
Cette décision s’affine souvent à la parcelle près. Les vignerons les plus méticuleux, comme ceux des maisons historiques ou des petits producteurs indépendants (Egly-Ouriet, Vilmart…), goûtent chaque matin quelques grains. Une averse, un pic de chaleur, et tout peut être bousculé – la matière première doit atteindre le pressoir à l’état optimum pour extraire le meilleur du fruit.
