Les premières crises : la fraude et la naissance d’un enjeu de protection
Au XIX siècle, la Champagne, encore balbutiante dans son organisation, commençait à gagner en notoriété. Mais cette renommée naissante attira aussi son lot de déboires. La nature du produit protégeant peu l’origine, des contrefacteurs n’ont pas tardé à tirer parti de l’engouement pour ce "vin mousseux". La région fut envahie de faux champagnes, avec des vins parfois produits loin du terroir champenois… parfois même à base de simples raisins de plaine !
Ce phénomène atteignit son paroxysme à la fin du XIX siècle, alors que les marchands parisiens, sans scrupules, se mettaient à commercialiser de manière frauduleuse des "champagnes" issus de raisins venant de Bourgogne et d’ailleurs. Cette situation enfla à tel point que des tensions apparurent parmi les producteurs locaux, qui peinaient à écouler leurs véritables cuvées.
La première réponse fut législative. En 1905, une loi fut adoptée pour protéger les produits agricoles et les premières notions d’"origine contrôlée" virent le jour. Mais c’est surtout la fameuse révolte des vignerons de Champagne, en 1911, qui allait durablement marquer les esprits.
