Qu’entend-on par assemblage ?
En Champagne, l’assemblage ne consiste pas seulement à mélanger différents cépages. L’art est plus subtil : il s’agit de combiner des vins clairs (« vins de base ») issus de différents crus, cépages et années, pour créer la cuvée la plus harmonieuse et fidèle au style de la maison. Selon les données du Comité Champagne (champagne.fr), environ 80 % des champagnes produits sont des non-millésimés, c’est-à-dire issus d’un assemblage de plusieurs années.
La palette de l’œnologue : cépages, terroirs, années
- Cépages : Les trois cépages principaux sont le Pinot Noir (38 % de l’encépagement), le Meunier (32 %) et le Chardonnay (30 %). Chacun possède sa typicité : structure et corps pour le Pinot Noir, fruité et rondeur pour le Meunier, finesse et vivacité pour le Chardonnay (source : Comité Champagne).
- Parcelles et crus : Quasiment 320 villages (ou crus) jalonnent la Champagne. Chaque terroir offre des nuances distinctes, influencées par la craie, l’argile, l’exposition, etc.
- Années : Le climat de la Champagne, septentrional, étant capricieux, l’assemblage de plusieurs années assure régularité et constance au vin.
Ainsi, lors de l'assemblage, l’œnologue goûte parfois jusqu’à 50 à 80 vins clairs différents (parfois davantage pour les grandes maisons) pour sélectionner ceux qui composeront la base de la cuvée.
Un travail d’équipe, une responsabilité d’auteur
L’œnologue ne travaille pas seul : il coordonne une véritable équipe pluridisciplinaire avec le chef de cave, parfois des membres de la famille (pour les maisons familiales), les vignerons partenaires, mais toujours avec l'objectif d'exprimer l’identité du Champagne maison à chaque millésime. Il faut souvent trois à cinq heures de dégustation pour poser les bases d’un assemblage (source : Le Monde, reportage Reims 2019).
Petit clin d’œil historique : l’art de l’assemblage, tel qu’on le pratique aujourd’hui en Champagne, remonte principalement au XIXe siècle, avec l’avènement de grandes maisons telles que Veuve Clicquot, Moët & Chandon ou Bollinger, qui ont chacune imposé leur style par la maîtrise de l’assemblage — et donc la régularité.